Elle, toujours le regard vide, travers les vitres de sa chambre, le ciel est gris comme tous les jours de novembre. Toujours ces mmes penses qui la hantent, qui la tentent au loin elle entend la mort qui chante. Tous les jours elle va l'cole, son sac sur le dos. Tous les jours le mme trajet du fleuriste au MacDo. Elle traverse sans regarder, perdue dans ses rves, elle espre se faire renverser qu'enfin tout s'achve. Ses rsultats scolaires sont en chute libre, dans son carnet intime elle dcrit son mal de vivre. Elle marche comme si son corps la tranait malgr elle, marchant comme un zombie, comme un pantin irrel mais personne ne remarque rien, ni sa famille ni ses amis et elle pleure dans ses nuits d'insomnie. Chaque fois que cette vie devient dure pour elle, elle espre y mettre fin, mais la nuit elle se cache et pleure, c'est bientt l'heure d'en finir pour elle. Elle se sent inutile, fragile comme le cristal, son me est comme une plume lgre de 21 grammes. Toujours la mme trame, le mme drame qui ne trouvera son issue qu'avec une corde ou une lame. Noye dans ses larmes, elle demande l'aide dans son journal, aucun remde, elle se mutile, se fait mal. Fbrile, plonge dans la dprime elle prie, mais Dieu ne lui rpond pas ou n'entend pas ses cris. Elle crie l'aide mais personne ne peut la sauver. Le regard absent, les gens la trouvent dans la lune, elle court aprs la mort comme certains courent aprs la tune. Les paupires lourdes la lumire de la bougie, elle a 16 ans mais pense avoir un millard de soucis. La main tremblante, le stylo point comme une arme, elle vient d'crire son testament sans verser une larme. Assise en tailleur, une lumière l'appelle elle vient d'ailleurs, elle est proche, elle apaise la peine. Elle est prise de visions, et enfin le déclic après une vie fantômatique ça y est ce soir c'est le bon. Son destin entre les mains, posée sur sa peau la lame glisse, elle se sent mal. Ce soir elle est prête à tout, le geste est fait, le sang coule, petit à petit, son pouls faiblit et son corps s'écroule...